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La crise capitaliste et la révolution latino-américaine

100910:1507 revolution fin du capitalisme Honduras Vénézuela ** 7 min tlaxcala-int.org mots

Honduras et Venezuela

Corriente Marxista Revolucionaria
Traduit par Gérard Jugant
Edité par Armando García

"La crise capitaliste internationale secoue l’Amérique latine. [...] Cette situation est si favorable pour la révolution socialiste en Amérique latine que le capitalisme pourrait être renversé facilement sur tout le continent. [...] Ce que nous autres révolutionnaires devons voir, c’est que la bureaucratie est elle-même en train de préparer, sans le vouloir, les conditions pour un nouveau bond en avant dans la Révolution." 

La crise capitaliste internationale secoue l’Amérique latine: selon un récent rapport de la Commission Economique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), la crise actuelle est “de proportions supérieures à celles provoquées par la Crise Asiatique (1998) et la crise de la Dette Extérieure (1982). Ajoutant que, cette année 2009, nous aurons “le pire résultat pour les pays de la région dans les dernières 72 années”. La CEPAL a estimé qu'il y aura une chute de 11% quant au volume de l’échange commercial dans la région, et a anticipé que les prix internationaux des produits de base qu’exportent l’ensemble des nations d’Amérique latine baisseront de 29%. A tout cela s’ajoutera une contraction des importations de 31%. Il faut remonter à 1937 pour avoir des chiffres similaires.

Ces données économiques supposent une augmentation du chômage sur tout le continent, ainsi qu’une détérioration des conditions de vie des masses: la recette parfaite pour une aggravation de la lutte des classes et des mouvements révolutionnaires dans toute l’Amérique latine. La lutte pour la distribution d’une rente nationale décroissante va se renforcer entre l’impérialisme, son prête-nom la bourgeoisie nationale et les masses. A cause de cela, cette crise va accentuer le mouvement révolutionnaire sur tout le continent -comme nous le voyons dans le cas du Honduras.

Le coup d’Etat a déclenché un mouvement révolutionnaire de masse qui a duré plus de 90 jours. Que le régime fasciste de Micheletti n’ait pu consolider son pouvoir est un signe de la corrélation de forces favorables à la révolution sur le continent. Le Honduras est de plus un exemple montrant comment les pauvres et les travailleurs d’un pays considéré comme un bastion réactionnaire et impérialiste -un des pays les plus miséreux du continent dont une bonne partie de la population avait dû émigrer- peuvent se transformer en une poudrière révolutionnaire.

La Révolution Bolivarienne à un point critique dans la lutte contre le bureaucratisme

Cette situation est si favorable pour la révolution socialiste en Amérique latine que le capitalisme pourrait être renversé facilement sur tout le continent. Les événements au Honduras sont une preuve de cela ainsi que la révolution au Venezuela. Après 10 années de révolution, les conditions pour la victoire de la révolution socialiste sont établies, telles que nous l'avons signalé à plusieurs reprises dans les pages d’ “El Militante” et de la CMR. Un des facteurs de la corrélation de forces favorable est la faiblesse de la bourgeoisie vénézuélienne qui a pour reflet l’incapacité de l’opposition contre-révolutionnaire d’organiser et de mobiliser sa base sociale, comme on l’a vu récemment avec Rosales et précédemment avec le choc de la victoire du 15 février 2009 (1) -qui fut une douche froide pour leur base réactionnaire. S'ouvre depuis lors, et ce jusqu’en octobre 2010 où auront lieu les élections à l’Assemblée Nationale, une nouvelle opportunité pour conduire la Révolution jusqu’au bout -comme ce fut le cas après la victoire aux élections présidentielles de décembre 2010. Si ce n'est pas le cas, la droite pourrait, sur base de la démoralisation et de l’abstentionnisme de la base révolutionnaire déjà vus lors des élections pour la réforme constitutionnelle de 2007, y obtenir des résultats importants lui permettant de regrouper ses forces, d’encourager sa base et de lancer une nouvelle offensive pour en finir avec la Révolution.

Pour un secteur très large des masses appuyant le Président Chavez, le temps des paroles est désormais révolu. Une loi habilitante nationalisant la banque, l’industrie et la terre serait un appui aux travailleurs et au peuple pour une mise en pratique et une planification démocratique de l’économie, et constituerait une transition parfaite, légale et pacifique vers le socialisme. Tant que cela ne se fera pas, à savoir tant qu’existeront une économie capitaliste et un Etat bourgeois, l’essor du bureaucratisme, l’inefficacité et la corruption continueront à saper les bases d’appui à la Révolution. La fin du mirage du socialisme pétrolier met à nu l’utopie réformiste de tenter de construire le socialisme graduellement sur la base de la rente pétrolière.

D’un autre côté, les bureaucrates et les réformistes voient la menace toujours plus claire du mouvement ouvrier organisé qui, inspiré des paroles du Président Chavez, tente de mettre le socialisme en pratique. La bureaucratie veut la paix sociale au lieu d’une révolution. Elle veut un équilibre entre les ouvriers et les patrons, elle veut que le Gouvernement bolivarien s’apparente à la social-démocratie européenne à une époque où le réformisme est en crise profonde dans le monde entier.

Cependant, ce que nous autres révolutionnaires devons voir, c’est que la bureaucratie est elle-même en train de préparer, sans le vouloir, les conditions pour un nouveau bond en avant dans la Révolution. Dans l’histoire de toutes les révolutions, les masses passent d'une première étape d’inexpérience, pensant que tout est fait, à une seconde -où elles se rendent compte que tout reste à faire. Elles commencent à prendre conscience du principal danger pour le futur de la révolution constitué par les dirigeants politiques réformistes et bureaucratiques qui la freinent. C’est dans cette étape-là que se trouve maintenant la Révolution bolivarienne. Il est inévitable que, tôt ou tard, les masses de la classe travailleuse, des pauvres, qui ont appuyé Chavez ces 10 années et constituent la base du PSUV essaient de déplacer les bureaucrates de leurs positions et d’en finir par l’action de masses avec le capitalisme, afin de conduire la révolution socialiste jusqu’au bout. Le moment, la forme et le motif pour lequel cet affrontement se donnera seront décidés par l’histoire, mais c'est inévitable -et de son résultat dépendra le futur de la Révolution. Un énorme ferment d’indignation et de mauvaise humeur est en train de s’accumuler dans la base, cherchant une expression politique à la gauche.

Organiser la gauche révolutionnaire au sein du PSUV pour combattre la bureaucratie et les réformistes

La clé de la victoire dans cette lutte sera, au sein du PSUV, l’ensemble des militants et dirigeants de gauche qui croient que l’unique chemin pour le socialisme au Venezuela est le pouvoir que doivent avoir les travailleurs, les pauvres, les paysans et les communautés (comme l'établit le Président Chavez) -pouvoir qui ne doit pas être entre les mains d’entrepreneurs privés ou de bureaucrates. Ceux qui croient qu’est nécessaire une rénovation à la gauche de la direction du Parti et que le président Chavez doit s’entourer d’authentiques révolutionnaires avec d’authentiques idées socialistes, tous ces secteurs constitués par l’immense majorité de notre base révolutionnaire, doivent s'organiser au sein du Parti face à l'aile des droites, réformiste, bureaucratique, qui est la principale menace pour la Révolution. Nous autres marxistes du CMR croyons que la bonne manière est de le faire sur base d’une bataille idéologique sur laquelle nous voulons [construire] le socialisme et compléter la Révolution en organisant la classe travailleuse et les secteurs populaires. La grande base du Parti est pour ces postulats. On n’a jamais vu dans l’histoire du Venezuela un peuple et une classe ouvrière avec un niveau de conscience si élevé. Seulement manquent une direction et des cadres à l’intérieur du PSUV qui les organisent dans cette bataille dont dépend le futur de la Révolution bolivarienne et latino-américaine.

(1) Le 15 février 2009 a eu lieu un référendum sur un amendement constitutionnel autorisant les élus à briguer un nombre illimité de mandats consécutifs. La victoire du oui (54,36% contre 45,63% pour le non) autorise la réélection d’Hugo Chavez en 2012.



Courtesy of El Militante
Source: colombia.elmilitante.org
Publication date of original article: 13/11/2009
URL of this article: tlaxcala-int.org

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