Le président de la République a pris la lourde responsabilité de faire des étrangers et des personnes d'origine étrangère ceux et celles qui seraient responsables de l'insécurité.
Parce qu'il a échoué dans sa politique sécuritaire, parce qu'il enregistre des échecs électoraux, parce qu'il entend interdire toute enquête impartiale sur des faits mettant en cause le financement de sa campagne électorale, et parce qu'il aggrave l'insécurité sociale et économique de millions de Français tout en favorisant jusqu'à la caricature les plus nantis, le président de la République et son gouvernement ont manifestement décidé d'agiter les vieux refrains des années 1930 destinés à attiser la haine contre les étrangers.
En se livrant, à quelques jours d'intervalle, à un discours discriminatoire contre les Gens du voyage et les citoyens européens que sont les Roms, puis en recherchant chez les étrangers et les personnes d'origine étrangère les causes de l'insécurité, Nicolas Sarkozy est en train de menacer les fondements mêmes de la République.
Ce ne sont pas les délinquants que Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Français d'origine étrangère et les étrangers, qu'il désigne comme les boucs émissaires de tous nos maux.
Ce qui est ici en cause, ce n'est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d'assurer la sûreté républicaine, c'est l'expression d'une xénophobie avérée. Quelle que soit la légitimité que confère l'élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes.
Le président de la République et son gouvernement mettent ainsi en uvre une stratégie de la tension, espérant sans doute retrouver un électorat perdu, au risque de mettre en péril la paix civile.
La LDH, parce qu'elle porte de manière intangible les mêmes principes depuis plus de cent dix ans quels que soient les gouvernements, appelle tous ceux et toutes celles qui sont attaché(e)s à la démocratie et aux libertés à rejeter ces manifestations de xénophobie.
Quel dommage qu'il faille lire la presse étrangère pour y voir clair sur l'affaire de la procédure d'infraction que l'Union européenne n'a pas du tout abandonnée, contrairement à ce que prétendent nos menteurs du pouvoir. Voici ce qu'en écrit le quotidien belge Le Soir, sous la plume excédée de notre consoeur Joëlle Meeskens, article mis en ligne par
Depuis l'arrivée de Jeannette Bougrab, les discriminations dont sont victimes les Roms et les gens du voyage ne sont plus traitées. Sur consigne de Matignon. « J'ai eu le cabinet de Fillon, ils ne veulent pas qu'on parle des Roms et des gens du voyage ». Lancée en mai dans un couloir par Jeannette Bougrab, présidente de la Haute autorité pour la lutte contre les discriminations, peu après son arrivée à la tête de l'institution, la phrase a évidemment choqué.
Gérard Collomb déplore les excès anti-Roms de Sarko... parce qu'expulser les Roms est maintenant devenu tout un bazar. Ca ne s'invente pas !
Entre Rhône et Saône, on l'appelle Gégé. Et notre Gégé est tout émoustillé depuis qu'il y a un an, il a découvert le TGV. Un truc génial : tu t'assois dans le train à la gare de Lyon Part-Dieu, tu dors pendant deux heures, et tu te retrouves à Paris, terre d'aventures et de médias. Pendant des années, Gégé était lyonnais de Lyon, recordman de l'absentéisme au Sénat : une seule intervention au cours de l'année 2008...
« Je regrette les interprétations qui détournent l'attention du problème qu'il faut maintenant résoudre. Je n'ai en aucun cas voulu établir un parallèle entre la deuxième guerre mondiale et les actions du gouvernement français d'aujourd'hui ».15 septembre 2010
Viviane Reding Vice-Présidente de la Commission européenne responsable de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté Déclaration sur l'évolution de la situation concernant les Roms Bruxelles, le 14 septembre 2010
"La Commission européenne a suivi de très près l'évolution de la situation concernant les Roms en France, au cours des dernières semaines.
J'ai été personnellement choquée par des circonstances qui donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un Etat membre uniquement parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la seconde guerre mondiale.
J'ai clairement exprimé mes doutes concernant la légalité des mesures françaises, dans ma déclaration publique du 25 août, faite de commun accord avec le Président de la Commission, avec qui j'ai travaillé étroitement sur cette question pendant l'été.
Le 1er septembre dernier, j'ai, présenté avec le commissaire Andor et la commissaire Malmström, une analyse juridique préliminaire des mesures françaises, au
L'Union romani d'Espagne, qui regroupe les associations de Roms du pays, a annoncé samedi qu'elle voulait porter plainte contre la France devant la Cour européenne de justice à Luxembourg, espérant «une sentence exemplaire». «Nous exprimons notre peine et notre déception parce que les dirigeants européens au sommet n'ont pas eu le courage nécessaire pour remett
La tentative de la commissaire de l'Union européenne, Viviane Reding, de rendre le gouvernement français responsable de ses déportations de masse de Roms s'est arrêtée net après seulement quelques heures.
Après que le dirigeant de la Commission européenne, José Manuel Barroso et un certain nombre de chefs d'Etat ont critiqué son choix de mots, Reding s'est excusée d'avoir dressé un parallèle avec les déportations effectuées par les nazis. Le président français, Nicolas Sarkozy, a rejeté avec indignation les accusations faites par Reding en soulignant que son gouvernement ne céderait pas sur sa politique de déportation. L'attitude de Sarkozy a immédiatement bénéficié du soutien du chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi.
Jusqu'à maintenant nous savions que la science sociale française ou était républicaine ou se trompait. Le principe constitutionnel de non-discrimination par origine, race ou religion conseillait de rejeter l'ethnie dans l'analyse des populations installées en France. Et il convenait aux chercheurs qui exerçaient leur travail dans les institutions publiques d'épouser l'idéologie officielle. Il est clair que la morale s'appliquait selon deux poids deux mesures, parce que les institutions privées elles demandaient dans leurs sondages l'origine ethnique. De cette manière l'égalité était une doctrine mais non le résultat d'une pratique.
Par Antoine Lerougetel et Peter Schwarz 18 septembre 2010
La politique du gouvernement français d'expulsion de masse des Roms a conduit à un grave conflit entre Bruxelles et Paris.
Lors d'une conférence de presse, mardi après-midi, la commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, Viviane Reding, a accusé le gouvernement français de « discrimination basée sur l'origine ethnique ou la race » et de mettre en question « les valeurs sur lesquelles l'Union européenne est fondée ». Elle a dit que cette politique française était une « honte ».
A la veille du sommet de L'Union européenne (UE) de Bruxelles qui s'est tenu le 16 septembre, les représentants de l'UE et les chefs d'Etat ont désavoué les critiques sur les déportations de masse de Roms du président Nicolas Sarkozy exprimées par la Commissaire européenne à la Justice Viviane Reding.
La France a déjà rapatrié plus de 8000 Roms vers la Roumanie. Alors que le sommet a approuvé un accord commercial avec la Corée du Sud et a temporairement supprimé les barrières douanières sur les produits pakistanais, la couverture médiatique de la réunion a principalement porté sur la question des Roms.
Citée dans la revue de presse d'Ivan Levaï sur France Inter, la réponse du prix Nobel Elie Wiesel à la question de Paris Match, « Si vous aviez aujourd'hui le Président Sarkozy en face de vous, que lui diriez-vous, de l'expulsion des Roms ? » : « Je lui dirais, avec tout le respect que je lui doi
Le président français Nicolas Sarkozy a sans doute mal interprété les propos de la chancelière fédérale Angela Merkel car, contrairement à la France, l'Allemagne n'entend pas expulser les Roms, a déclaré vendredi Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande.
M.Sarkozy a affirmé jeudi dans une interview à Bruxelles que la chancelière allemande lui avait confié avoir elle aussi l'intention de procéder dans les prochaines semaines à "des démantèlements de camps" de Roms en Allemagne.
Mediapart publie le texte de l'intervention prononcée par le sociologue Luc Boltanski, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, le 11 septembre dernier, à l'occasion du rassemblement Les Roms, et qui d'autre ? Sous le titre de Nous ne débattrons pas de la question Rom , il livre une analyse inté
En matière de mensonges, le ciel sait si la concurrence est rude en Sarkozie, avec le président de la République lui-même en champion toutes catégories. Nous en tenons chronique jour après jour sur ce site depuis plus de quatre ans - avant même la funeste élection donc - et une recherche sur Google du mot « mensonge »
Les contre-feux sécuritaires allumés par le président français Nicolas Sarkozy et accentués par son ministre de l'Intérieur pour créer un écran de fumée face aux scandales révélant une proximité plus qu'excessive du pouvoir avec les forces de l'argent, tournent au fiasco politique général.
K. Selim - Le Qutodien d’Oran
La manuvre froide de stigmatisation des Français « d'origine » lointaine et les dérapages politico-sécuritaires sur les Roms se retournent contre leurs initiateurs. L'impopularité du président français reste intacte et des sondages montrent que les électeurs de droite considèrent que son ennemi politique personnel, Dominique de Villepin, ferait un meilleur candidat à la prochaine présidentielle. Les dégâts occasionnés à l'image externe de la France par le recours compulsif à l'argument sécuritaire et à celui de la peur sont incroyablement élevés.
Roms : des ignobles déclarations du député UMP Lionnel Luca et du Secrétaire général du parti Xavier Bertrand à la directive de la honte d'Hortefeux, la Sarkozie affiche désormais sa xénophobie au grand jour. La Commission européenne menace d'attaquer la France en justice.
Le septuagénaire incarcéré pour avoir tiré sur deux adolescentes roms venues le cambrioler, dont la libération est réclamée par des élus FN et UMP (par l'extrême droite française en somme...), a estimé qu'elles appartenaient à « une sale race ». Interrogé sur ce propos, Lionnel Luca, député UMP et vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes, répond : « Il a eu tort de le dire, il a le droit de le penser » ([vidéo ici]). Terrifiant. Y-a-t-il des raisons de penser une telle chose ? Certaines « races » sont-elles « sales », les hommes et les femmes de cette origine étant des sous-humains, nuisibles, à exterminer peut-être ? On aurait donc le droit de penser que les Roms sont « une sale race », selon cet élu de la République, en conséquence de quoi l'on aurait aussi le droit de penser la même chose des Arabes, des noirs ou des juifs, pourquoi moins que les Roms ? Vive le racisme décomplexé - quel dommage qu'on n'ait pas le droit de le dire ! - et la suprématie de la race blanche avec l'UMP !
Quels recours en justice contre la circulaire du 5 août 2010, organisant la chasse aux Roms ? De telles violations du droit ne peuvent rester impunies. Essayons d'approfondir.
Qu'est-ce qu'une circulaire ?
Il existe plusieurs types de circulaires. Une circulaire interprétative explique aux services, confrontés à des situations complexes, quelle est la lecture du droit, mais une circulaire peut aussi être un ordre intérieur : l'autorité hiérarchique, dans le cadre de ses compétences, donne des consignes, qui doivent être respectées.
Lundi dernier, le président Sarkozy annonçait sa volonté de faire un geste fort, lié aux questions d'immigration et d'insécurité : brûler l'exemplaire original de la Déclaration des Droits de l'homme. Une décision saluée comme il se doit dans les rangs de la majorité. Euphorie de courte durée : il a finalement décidé de suspendre son geste, le gain électoral d'un tell
On savait que les pouvoirs, quels qu'ils soient, sont capables de tout pour se justifier et assurer leur pérennité... pourtant, nous sommes toujours surpris devant la bassesse dont sont capables certains hommes du Pouvoir pour atteindre leurs objectifs.
Il est des périodes plus propices aux dérives de tels mécanismes. Essentiellement des périodes de crises, de décadence où les pouvoirs en place s'avèrent incapables de dépasser les situations conflictuelles qui mettent en péril la paix sociale, mais aussi des moments où il est indispensable de masquer les scandales du Pouvoir.
Evacuation de familles roms le 18 février à Rezé (44) (Photo : F. Lossent)
Annoncées au coeur de l'été, les mesures pour «lutter contre les campements illicites» ont été préparées bien avant. Dans trois circulaires dont Le Canard Social s'est procuré des copies, le gouvernement détaille de manière très précise l'ensemble des consignes données aux préfets pour démanteler ces camps, «en priorité ceux de Roms».