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Dans notre rubrique « Ferme ta gueule !', Eric Woerth

Affaire Bettencourt : Woerth et Sarkozy mouillés jusqu'au cou, France 2 a peur

100621:1803 29 articles mafia Bettencourt * 6 min plumedepresse.net mots

République bananière

Le pouvoir complice de fraude fiscale

lundi 21 juin 2010, par Olivier Bonnet

Le vent tournerait-il en Sarkozie ? Il semble que le pouvoir a de plus en plus de mal à étouffer les affaires gênantes. Après le karachigate, où le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour empêcher les investigations de la justice, une nouvelle affaire est désormais relayée par les grands médias, concernant la milliardaire propriétaire de L'Oréal, Liliane Bettencourt. "D'après Mediapart, les enregistrements suggèreraient un lien avec l'entourage de Nicolas Sarkozy", annonce ainsi la journaliste de France 2 lors de l'émission Télé matin de samedi dernier. Que de précautions oratoires dans cette formulation ! Une prudence qui traduit la peur régnant au sein de la rédaction de France Télévisions lorsqu'il s'agit d'appeler un chat, un chat. Parce que l'article en question de Mediapart, Sarkozy, Woerth, fraude ?scale : les secrets volés de l’affaire Bettencourt, ne fait pas que "suggérer" un lien "avec l'entourage de Nicolas Sarkozy" : il implique directement le chef de l'Etat lui-même !

"Lors d’un entretien enregistré le 21 juillet 2009, le gestionnaire de la fortune de M me Bettencourt, Patrice de Maistre, explique ainsi à la milliardaire qu’il a eu au téléphone le matin même Patrick Ouart, « le conseiller juridique, à l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous ». Il s’explique : « Il m’a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre ?lle était irrecevable. Donc classer l’affaire. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà. Il vaut mieux que j’entende cela qu’autre chose. Donc je suis de bonne humeur. » M. de Maistre était bien renseigné : le 3 septembre 2009, le parquet de Nanterre se prononça effectivement pour l’irrecevabilité de la plainte de Françoise Bettencourt." Jusque-là, même s'il s'agit d'une scandaleuse intervention du pouvoir dans une affaire judiciaire, seul Ouart est nommé et la formulation d' "entourage" reste appropriée. Mais dans la suite de l'article, de Maistre nomme directement Sarkozy : "j’ai vu, euh, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires juridiques et judiciaires, Patrick Ouart, qui n’est plus à l’Elysée mais qui n’a pas été remplacé et qui travaille chez Bernard Arnault, et qui m’aime beaucoup. Et il a voulu me voir l’autre jour et il m’a dit, M. de Maistre, le président continue de suivre ça de très près... (...) Et en première instance, on ne peut rien faire de plus, mais on peut vous dire qu’en cour d’appel, si vous perdez, on connaît très, très bien le procureur. Donc c’est bien. Voilà." Mediapart écrit ensuite : "Préalablement, le chef de l’Etat avait déjà été jusqu’à accorder un entretien en particulier à la milliardaire, à l’Elysée, ?n 2008. Selon Le Point du 18 décembre 2008, elle aurait demandé au président de classer l’enquête préliminaire ouverte à Nanterre, espérant sans doute jouer sur les liens unissant Nicolas Sarkozy au procureur des Hauts-de-Seine, Philippe Courroye, dont il est beaucoup question dans les enregistrements." Signalons qu'il s'agit du même homme qui s'est illustré en classant la plainte contre Sarkozy concernant son appartement de l'île de la Jatte (lire Plainte contre Sarkozy classée : le déni de justice). Lorsque l'UMP parle d'indépendance de la justice, prière de ne pas rire !

Quant à Eric Woerth, l'article de Mediapart est pour lui rien moins qu'accablant : "l’actuel ministre du travail et trésorier de l’UMP (depuis 2003), Eric Woerth, est également omniprésent dans les conversations. En tant que ministre du Budget (de mai 2007 à mars 2010), M. Woerth fut notamment l’homme du bouclier ?scal destiné à réduire les impôts des plus riches, mais aussi celui qui a créé une « cellule » pour inciter les fraudeurs du ?sc à rapatrier leurs fonds en France. Il faut préciser que Florence Woerth, l’épouse de l’actuel ministre du Travail, a géré entre 2007 et 2010, sous l’autorité de Patrice de Maistre, au sein de la société Clymène, la fortune de Liliane Bettencourt. Le 23 avril 2010, Patrice de Maistre con?e à la milliardaire : « Je me suis trompé quand je l’ai engagée. (...) J’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des Finances (du Budget, NDLR), il m’a demandé de le faire. (...) Et donc si vous voulez, aujourd’hui, sans faire de bruit, je pense qu’il faut que j’aille voir son mari et que je lui dise que avec le procès et avec Nestlé, il faut qu’on soit trop manœuvrants et on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui, on lui donnera de l’argent et puis voilà. Parce que c’est trop dangereux." Ciel ! Doit-on prononcer le mot "corruption" ? Et le paiement dont parle de Maistre existe-t-il ? "Le dictaphone-espion placé chez M me Bettencourt a capté une autre scène, datée du 4 mars 2010 celle-là, où la milliardaire, sous le contrôle de Patrice de Maistre, signe une autorisation de paiement à l’intention de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, a?n de l’aider à ?nancer semble-t-il sa campagne pour les élections régionales (elle était tête de la liste UMP en Île-de-France) puis, à en croire les enregistrements, un deuxième à l’ordre d’Eric Woerth et en?n un troisième, manifestement pour... Nicolas Sarkozy !", révèle Mediapart. Suit le dialogue suivant, entre Bettencourt et son conseiller, limpide : "Liliane Bettencourt : « Bon alors, il faut donner pour Précresse... » Patrice de Maistre : « Mais ce n’est pas cher. » LB : « C’est elle qui a demandé cette somme là ? » PdM : « Non, c’est le maximum légal. C’est 7 500, ce n’est pas très cher. Vous savez, en ce moment, il faut que l’on ait des amis. Ça, c’est Valérie Pécresse. Ça, c’est Eric Woerth, le ministre du Budget. Je pense que c’est bien, c’est pas cher et ils apprécient. » LB : « Et Nicolas Sarkozy ? » PdM : « C’est fait, c’est dedans." Les enregistrements dévoilent également la fraude fiscale à laquelle Bettencourt se livre, plusieurs centaines de millions d'euros étant placés dans des paradis fiscaux. Woerth, dont l'épouse gère la fortune de la milliardaire, peut-il l'ignorer ? Poser la question revient à y répondre... On voit à quel point l'affaire est explosive. Et les contorsions sémantiques de France 2 ne suffiront pas à masquer l'ampleur du scandale : la République sous Sarkozy n'a jamais été autant bananière. Woerth, démission ! Sarkozy, démission ! Et si l'on dissolvait l'UMP pour complicité d'escroquerie en bande organisée ?

plumedepresse.net

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Bettencourtgate : et maintenant dehors, Eric Woerth !

100903:1437 Bettencourt 7 min plumedepresse.net mots

Il reconnaît avoir menti tout en disant n'avoir jamais menti... Il faut arrêter, là.

Même pris à la gorge, il ne désarme pas ! « Eric Woerth affirme ne pas être intervenu dans l'octroi de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, le financier des Bettencourt, écrit L'Express en introduction de son dossier Le système Woerth. Une lettre qu'il a envoyée, en 2007, à Nicolas Sarkozy, découverte lors d'une récente perquisition, prouve le contraire. » Il a donc, une fois de plus, menti. Dès le 7 juillet, nous dressions déjà la liste de plusieurs contre-vérités, proférées par le ministre et contredites par les faits, et nous écrivions encore le 14 août dernier Woerth à nouveau convaincu de mensonge. Une sale habitude, donc. Mais voyons l'intéressante motivation qu'il fait valoir auprès de Sarkozy pour accorder à Maistre sa breloque : « Une « faveur » destinée à le remercier d'avoir collecté des dons pour l'UMP à l'approche de l'élection, révèle l'hebdomadaire qui commente : Ce coup de théâtre intervient dans le volet le plus sensible du dossier Woerth: l'existence présumée d'un « trafic d'influence. » Alors, le compte d'Eric Woerth est-il enfin bon ? Toujours pas, à l'heure où ces lignes sont écrites. Français Fillon a confirmé tout-à-l'heure que ce sera bien lui - sans le nommer - qui défendra à l'Assemblée le projet de réforme (antisocial) des retraites. Quant à l'incriminé, il a avoué, contraint et forcé par la publication de L'Express, son intervention pour réclamer la Légion d'honneur. En la minimisant : « J'ai fait comme de multiples députés, c'était d'une grande banalité tout cela. Je n'ai jamais dit que (la lettre) n'avait pas existé, personne n'a dit qu'elle n'avait pas existé. Vous en tirez des conséquences fausses », tente-t-il de se défendre, cité par l'agence Reuters reprise par Le Point. Il n'a pas dit que la lettre n'avait pas existé, d'accord, mais personne ne connaissait l'existence de ce courrier ! Et puis tous les députés sont-ils trésoriers de l'UMP et veulent-ils récompenser d'une Légion d'honneur des personnalités auxquelles le parti est redevable, en remerciement de leurs bons et loyaux services pour la cause ? Notons que cette distinction est accordée au nom de la France. Or Maistre a été médaillé, non pour avoir servi le pays, mais le parti présidentiel. Nous sommes bien en présence d'une confiscation de l'appareil d'Etat en faveur d'un clan. Ce que L'Express résume en ces termes : « la Légion d'honneur, créée par Napoléon pour récompenser les « mérites éminents » acquis au service de la nation, peut-elle servir à remercier le bienfaiteur d'un futur président ? » Poser la question... Et Woerth ose reprocher aux journalistes une « fixation malsaine et assez perverse » (voir la vidéo) ! Il n'a peut-être jamais nié avoir écrit une lettre dont personne ne soupçonnait l'existence, puisqu'on ne lui a par définition jamais posé cette question-là, mais il a bel et bien démenti être intervenu dans l'attribution de cette Légion d'honneur. Or, il avoue désormais que si, mais déclare : « Je n'ai jamais menti sur rien et à qui que ce soit. » Nous titrions notre dernier billet sur l'affaire Woerth de plus en plus loin dans le foutage de gueule, mais il s'acharne à toujours repousser les limites ! « Oui, j'ai menti, mais je n'ai jamais menti », prétend-il aujourd'hui.

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Affaire Bettencourt: Eric Woerth A Menti Dès Le Départ

100901:1643 Bettencourt 4 min libertesinternets.wordpress.com mots
Un homme honnête... une pauvre victime sur laquelle on s'acharne... mais bien sûr ! C'est incroyable de mentir sur des trucs aussi évidents à contredire, ils vivent vraiment dans des sphères où ils se croient tellement protégés qu'il pensent pouvoir prendre les gens pour des imbéciles...


[Le Monde - 31/08/2010]

Selon L'Express , une lettre, découverte à la mi-août lors d'une perquisition, contredit les déclarations d'Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt. Contrairement à ce qu'il n'a cessé d'affirmer, y compris devant les enquêteurs, l'actuel ministre du travail serait bien intervenu personnellement, en mars 2007 auprès de Nicolas Sarkozy, pour lui demander d'attribuer la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune des Bettencourt et employeur de son épouse Florence.
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Woerth à nouveau convaincu de mensonge

100815:0030 Bettencourt 10 min plumedepresse.net mots

Avec ses diversions hystéro-vichysso-sécuritaires, le pouvoir s'efforce de le faire oublier mais...

Le Bettencourtgate continue, exigeons la démission du ministre puis le départ du président !

samedi 14 août 2010, par Olivier Bonnet

Quel que soit le caractère accablant des informations qui se sont succédé ces dernières semaines à la suite de la révélation par Mediapart de l'affaire Bettencourt, Eric Woerth, toujours en poste au sein du gouvernement contre toute légitime attente démocratique, ne connaît qu'une attitude : nier, encore et toujours, systématiquement, contre l'évidence. Nous vous livrions dans notre dernier billet sur le sujet un digest sur le mode "si vous avez raté le début" qu'il est utile, pédagogiquement, de reprendre ici : "la pratique de distribution d'enveloppes en liquide par les Bettencourt à des politiques est confirmée par nombre de témoignages, dont celui de leur ancienne comptable, qui accuse nommément l'ancien trésorier de l'UMP - en même temps que ministre du Budget et époux de la directrice des investissements de la société gérant la fortune de l'héritière de L'Oréal ! - d'en avoir touchée une, de 150 000 euros, dont 100 000 provenant de comptes suisses dissimulés à l'administration fiscale française (à la tête de laquelle on trouvait alors le même Woerth). Dans n'importe quelle démocratie digne de ce nom, un ministre au coeur d'un tel imbroglio de conflits d'intérêts aurait démissionné depuis belle lurette et un juge indépendant mènerait l'enquête. En Sarkozie, modèle de république bananière, Woerth est toujours au gouvernement et les investigations sont menées par un procureur hiérarchiquement soumis au pouvoir, qui refuse contre l'avis d'une Cour d'appel à une magistrate d'accéder à une pièce à conviction cruciale, les enregistrements clandestins de conversations entre la milliardaire et son conseiller financier ayant déclenché toute l'affaire, enregistrements dans lesquels il est lui-même cité et compromis, ledit procureur, cerise sur le gâteau, ne cachant pas son amitié personnelle avec le chef de l'Etat !" Ajoutons que le président lui-même est la pièce de domino juste derrière Woerth, les enveloppes en liquide ayant servi à financer illégalement sa campagne présidentielle, ce qui devrait le contraindre à quitter le pouvoir !

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Nouvelles révélations sur un trésorier-ministre décidément très arrangeant avec les donateurs du parti

100804:1137 Bettencourt 6 min plumedepresse.net mots

Bettencourtgate

Woerth nie tout en bloc et Courroye-de-transmission s'apprête à l'innocenter, au mépris de la justice !

mercredi 4 août 2010, par Olivier Bonnet

Dans cette affaire d'Etat qu'est le Bettencourtgate, la position d'Eric Woerth est plus que jamais intenable. Le ministre a beau persister à tout nier en bloc, les charges s'accumulent. Petit digest, sur le mode "si vous avez raté le début" : la pratique de distribution d'enveloppes en liquide par les Bettencourt à des politiques est confirmée par nombre de témoignages, dont celui de leur ancienne comptable, qui accuse nommément l'ancien trésorier de l'UMP - en même temps que ministre du Budget et époux de la directrice des investissements de la société gérant la fortune de l'héritière de L'Oréal ! - d'en avoir touchée une, de 150 000 euros, dont 100 000 provenant de comptes suisses dissimulés à l'administration fiscale française (à la tête de laquelle on trouvait alors le même Woerth). Dans n'importe quelle démocratie digne de ce nom, un ministre au coeur d'un tel imbroglio de conflits d'intérêts aurait démissionné depuis belle lurette et un juge indépendant mènerait l'enquête. En Sarkozie, modèle de république bananière, Woerth est toujours au gouvernement et les investigations sont menées par un procureur hiérarchiquement soumis au pouvoir, qui refuse contre l'avis d'une Cour d'appel à une magistrate d'accéder à une pièce à conviction cruciale, les enregistrements clandestins de conversations entre la milliardaire et son conseiller financier ayant déclenché toute l'affaire, enregistrements dans lesquels il est lui-même cité et compromis, ledit procureur, cerise sur le gâteau, ne cachant pas son amitié personnelle avec le chef de l'Etat !

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La corruption de la démocratie par Ignacio Ramonet

100802:1818 corruption Ignacio Ramonet Bettencourt * 6 min 1 commentaire mots

L' "affaire Bettencourt" qui secoue la France avec sa tornade de perquisitions, de haines familiales, de chèques dissimulés, d'enregistrements furtifs, de délits fiscaux, de connivences politico-financières, et de soupçons de financement occulte du parti du président Nicolas Zarkozy, révèle la profonde crise morale que traverse le pays.

Propriétaire de l'empire de cosmétiques et parfums L'Oréal, à la tête d'une fortune de quelque 17 milliards d'euros, Liliane Bettencourt est au centre d'un hallucinant feuilleton devenu affaire d'Etat. Des conversations volées à son domicile ont en effet révélé que le ministre du travail, Eric Woerth, aurait usé de son influence - quand il était ministre du budget et par conséquent responsable de l'administration fiscale - pour faire recruter par la propriétaire de L'Oréal sa propre épouse, Florence, (avec un salaire annuel d'environ 200 000 euros) pour gérer de la fortune de la milliardaire...

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Affaire Woerth : comment on se rend service dans le gotha Par Chloé Leprince

100725:0019 Bettencourt * 13 min socio13.wordpress.com mots

| Rue89 | 04/07/2010

Décryptage des codes de l'entraide chez les élites avec les sociologues Pinçon-Charlot. Depuis vingt ans, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot s'intéressent aux classes dominantes et aux fortunes de France.

Alors que l'affaire Woerth-Bettencourt met en lumière les collusions entre oligarchie et classe politique, Rue89 a rencontré le couple de sociologues bourdieusiens pour un passage en revue des codes, des lieux et des techniques de transmission des élites. Décryptage à deux mois de la sortie du « Président des riches », leur prochain ouvrage à paraître le 9 septembre aux éditions La découverte.

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Et Courroye refusa de répondre...

100723:2149 Bettencourt * 6 min plumedepresse.net mots

Bettencourtgate

Le "procureur aux ordres" se justifie dans le Figaro. Ou pas.

vendredi 23 juillet 2010, par Olivier Bonnet

Amusante interview de Philippe Courroye, qualifié par Eva Joly de "procureur aux ordres " (de l'Elysée), dans Le Figaro. Par exemple sur le classement sans suite de la plainte pour abus de faiblesse dont était accusé le photographe Pierre-Marie Banier, auquel Liliane Bettencourt aurait accordé un milliard (!) d'euros de dons, l'avocat de la fille de la milliardaire, Maître Olivier Metzner, accuse au micro de RTL - cité [par Le Post] : "Pendant 18 mois, M. Courroye a considéré que ma plainte était recevable. Tout d'un coup, après ce que l'on sait être un rendez-vous à l'Elysée avec Patrick Ouart, conseiller de M. Sarkozy, il a changé d'attitude, il a freiné cette affaire, il a classé sans suite et il a annoncé ce classement un mois et demi avant à l'entourage de Liliane Bettencourt". Metzner se base sur les enregistrements clandestins révélés par Mediapart. Comment Courroye se défend-il ? "La question qui se posait était d'apprécier s'il y avait suffisamment d'éléments pour renvoyer M. Banier devant le tribunal correctionnel pour des faits d'abus de faiblesse. Nous avons finalement répondu par la négative. Non pas, bien sûr, parce qu'il y a eu des interventions politiques, des « ordres », des « instructions inavouables ». Tout cela relève du fantasme (sic). Mais simplement pour des motifs juridiques. Si le rôle d'un magistrat du parquet n'est pas d'abord de faire respecter le droit, alors quel est-il ? Pour dire qu'il y avait abus de faiblesse dans ce dossier, il fallait prouver que Liliane Bettencourt souffrait d'une altération de ses facultés physiques ou psychiques sur toute la période des dons visés par la plainte, soit depuis plus de dix ans. Or, elle a refusé de se soumettre aux expertises diligentées par le parquet, de même qu'à celle ordonnée par la 15 e chambre du tribunal. On peut le regretter mais c'était son droit." Aussi simple que ça ? Pas d'expertise, pas d'abus de faiblesse ? En l'absence du consentement de la vieille dame, impossible de poursuivre ? Pourquoi avoir dès lors tergiversé avant de classer sans suite ? Si l'on suit en effet la logique de l'argument du procureur, dès que Bettencourt a fait connaître son refus de se plier aux expertises, le classement aurait dû être immédiat. Or il n'en a rien été, l'examen de la plainte s'étant paresseusement étalé entre décembre 2007 et l'été 2009 ! Maître Metzner objecte qu'on eût pu obliger la richissime héritière à se faire expertiser : "le parquet a peur que le juge des tutelles étant saisi, ordonne une expertise, et que celle-ci aboutisse à constater ce que nous prétendons depuis longtemps, l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt". Notons que le journaliste, Cyrille Louis en l'occurrence, n'interroge pas Courroye sur le fait que Patrice de Maistre informe sa patronne dans les fameux enregistrements du classement sans suite, information qu'il dit tenir du conseiller Justice de Sarkozy, bien avant que la décision ne soit officiellement connue : "au-delà de l’aspect "politique" du poste de procureur de Nanterre, qui crée un doute sur toute enquête impliquant des personnalités politiques, Philippe Courroye, qui se dit l’ami de Nicolas Sarkozy, est lui-même cité dans les enregistrements du majordome, rappelle Mediapart. Ainsi le 21 juillet 2009, Patrice de Maistre, le gestionnaire de Liliane Bettencourt, rassure la milliardaire : il lui explique que Patrick Ouart, alors conseiller juridique de Nicolas Sarkozy, lui a certi?é : « Le procureur Courroye va annoncer le 3 septembre que la demande de votre ?lle est irrecevable. Donc classer l’affaire. » Ce qui se véri?era, précisément à cette date." Allo, Cyrille Louis, vous dormez, cher confrère ? Mais est-ce vraiment si étonnant que la Pravda sarkozyste évite soigneusement tout questionnement embarrassant pour le chef de l'Etat ?

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La phrase du jour : Najat Belkacem

100720:1543 < 1 min plumedepresse.net mots

Bettencourtgate

lundi 19 juillet 2010, par Olivier Bonnet

Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal, au micro de Christophe Barbier sur LCI : "Ce dont est suspecté Nicolas Sarkozy aujourd'hui c'est d'avoir bénéficié d'un financement illégal de sa campagne. Vous vous rendez compte de la gravité de la chose ? S'il a bénéficié d'un tel financement illégal cela veut dire qu'il a volé sa victoire le soir du 6 mai 2007. Cela veut dire qu'il n'aurait pas dû être président." Rappel : les carnets de caisse de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt mentionnent 180 000 euros de retraits en liquide, de son compte à BNP Paribas, destinés à des financements politiques illégaux entre janvier et avril 2007, auxquels s'ajoutent 100 000 euros de plus, retirés en décembre 2006, là encore en espèces, d'un autre compte, de la banque Dexia celui-là. Apparemment, les juristes s'accordent pour expliquer que l'on ne peut nourrir de contentieux électoral qu'en période... électorale, ce qui empêcherait toute destitution. Reste le plan moral - et la pression de l'opinion publique : si Sarkozy a effectivement financé sa campagne de façon illégale, il faudra le pousser à démissionner.

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Bettencourtgate : six nouveaux témoignages, 100 000 euros en liquide de plus, Woerth encore démenti et le procureur Courroye qui instruit à l'étouffée

100719:1746 Bettencourt 14 min plumedepresse.net mots

Demandez la suite de l'affaire qui fera tomber le président !

Le financement illégal de la campagne Sarkozy de plus en plus probable

dimanche 18 juillet 2010, par Olivier Bonnet

"Les témoignages s’effondrent les uns après les autres", prétendait Nicolas Sarkozy le 12 juillet sur France 2. Son Premier ministre François Fi(ll)on triomphait quant à lui à l'Assemblée nationale : "Vous avez voulu instrumentaliser des rumeurs qui font honte à ceux qui les ont lancées dans la presse. Vous avez joué, vous avez perdu, la démocratie a gagné !" Las pour l'UMP - et heureusement pour la démocratie justement ! - ces cris de victoire tiennent de la méthode Coué, en même temps que de la sempiternelle tentative de manipulation de l'opinion chère aux sarkozystes, et l'affaire d'Etat est plus que jamais brûlante pour le pouvoir.

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Bettencourt, une affaire d'etat

100716:1751 Bettencourt 3 min liberation.fr mots

Au-delà de l'évidente question du conflit d'intérêt avec le pouvoir en place, l'affaire Bettencourt illustre à la perfection plusieurs défis fondamentaux auxquels se trouvent confrontées les sociétés contemporaines : le vieillissement de la fortune ; l'importance croissante de l'héritage, évolution longue qui remet profondément en cause l'idéal méritocratique ; et, par-dessus tout, l'inéquité de n

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Madame Bettencourt a-t-elle «arrosé » Monsieur Sarkozy ?

100715:1654 corruption Bettencourt 4 min tlaxcala-int.org mots

Michèle Mialane

Où est le VRAI scandale ?

Vous dirais-je que je m'en moque ? Étant donné ma foi débordante dans la démocratie représentative, ce n'est de toute façon pas mon problème. Pour celles et ceux - et ils en ont bien le droit - qui ne partageraient pas mon analyse (pourtant éclairée, puisque c'est la mienne), je rappellerai un petit fait : Dans la « plus belle démocratie du monde », les USA, les campagnes sont financées par des lobbies. Tout le monde le sait. C'est seulement parce que la vieille Europe continentale, la France en tête, a encore une réticence envers le Mammon (ou le Veau d'or, ou le fric, si vous préférez) qu'on est si pudibond en la matière. (Les remontrances outragées des Grands-Bretons m'ont toutefois fait bien rigoler. Le Royaume-Uni recèle la première place financière au monde, c'est la patrie des parieurs les plus invétérés et l'un des pays les plus inégalitaires d'Occident. Il me paraît en conséquence osé d'avancer que tous les politiciens dudit pays font preuve d'un désintéressement à faire pâlir Saint François d'Assise et sa suite de troubadours de Dame Pauvreté, propre à leur garantir une inattaquable intégrité. Mais j'ai mauvais esprit, je le sais.) D'où ce corollaire : Une campagne électorale coûte très cher, et il faut bien que quelqu'un la finance.

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Exclusif: quand Woerth bradait le domaine pour faire plaisir aux copains

100714:1923 < 1 min marianne2.fr mots

Quelques jours avant son transfert au ministère du Travail en mars 2010, le ministre du Budget organisait la vente de l'hippodrome de Compiègne à des amis d'amis, au prix d'une acrobatie juridique.

(flickr - Medef - cc)

Ce fut l'une des dernières décisions d'Eric Woerth, juste avant de quitter Bercy. Dans la semaine précédant le remaniement, l'encore ministre du Budget s'est assuré de la cession d'une parcelle sur laquelle est installé l'hippodrome de Compiègne, situé dans son cher département de l'Oise. Contre un chèque de 2,5 millions d'euros, France Domaine a reçu l'ordre de céder la soixantaine d'hectares à la Société des courses de Compiègne (SCC), l'association qui en était jusqu'à présent simple concessionnaire.

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Bettencourtgate : une juge dans la brèche (mais l'affaire reste encore bien verrouillée)

100714:1432 Bettencourt * 9 min plumedepresse.net mots

Demandez les nouveaux développements de l'affaire qui fera sauter le président !

Le triomphe de l'asservissement du pouvoir par l'argent pour commémorer le 14 juillet...

mercredi 14 juillet 2010, par Olivier Bonnet

Nicolas Sarkozy espérait-il vraiment éteindre l'incendie du bettencourtgate par la seule grâce de l'absolution bidon d'Eric Woerth, "lavé de tout soupçon" par l'administration aux ordres du gouvernement ? Aucune intervention ministérielle pour ordonner ni interdire un contrôle fiscal de Liliane Bettencourt, concluent les enquêteurs indépendants. Enfin, aucune trace écrite... Comme si ce genre d'immixtion antidémocratique des autorités supérieures pour bafouer l'égalité devant la loi au bénéfice de leurs obligés - qui le leur rendent bien en retour - ne passait pas, prudence oblige, par des consignes orales. De qui se moque-t-on ? De vous ! Aucune intervention ministérielle pour ordonner ni interdire un contrôle fiscal de Liliane Bettencourt, écrivions-nous : eh bien justement ! Elle est l'une des plus importantes fortunes françaises ; même la ministre de l'Economie déclare que ce genre de contribuables est contrôlé "tous les trois ou quatre ans, ce qui correspond à la prescription fiscale. Je serais étonnée qu’il n’y en ait pas à cette régularité-là sur un contribuable comme cette personne" ; Woerth lui-même a d'abord prétendu qu'elle l'était régulièrement et vous savez quoi ? Pas un seul contrôle depuis douze ans ! Malgré le signalement aux services fiscaux d'éléments plus que douteux par le ricochet du dossier Banier, attaqué en justice par la fille de la milliardaire pour s'être rendu coupable d' "abus de faiblesse" à son détriment. Aucun contrôle alors que la cellule Tracfin aurait dû être informée par les banques des importants retraits en liquide des Bettencourt, accusés par leur ancienne comptable de financement illégal de l'UMP, avec blanchiment de fraude fiscale ! Admettons que le ministre ne soit pas intervenu : mais il l'aurait dû ! Son inaction même, au vu de ce lourd contexte, sans même parler du poste de son épouse officiant comme gestionnaire de la fortune de l'héritière de L'Oréal, vaut évidemment complicité objective. "Lavé de tout soupçon" et "parfaitement innocent", l' "honnête" Woerth, que nous nous plaisions hier, avec la complicité graphique d'un plumonaute, à représenter en Monsieur Propre ? Alors qu'en plus, lorsqu'on se penche sur sa biographie, on s'aperçoit qu'il a toujours grenouillé dans les finances de la politique, formé par deux personnages condamnés par la justice... Non, cette affaire continue décidément de ne pas sentir bon pour le pouvoir. Du reste, le "conseil" du président à Woerth de démissionner de son poste de trésorier de l'UMP ne vaut-il pas aveu de conflit d'intérêts ? Comme la démission de l'épouse du ministre et les propres déclarations de celle-ci l'admettant ? Malgré tout cela, l'Elysée veut refermer la casserole et les UMPistes vont comme des cabris clamant partout qu'il n'y a plus d'affaire - voir le lamentable François Fi(ll)on et son "vous avez perdu" adressé à l'opposition au micro de l'Assemblée nationale. Avec cette clique, c'est toujours "Circulez, y'a rien à voir". Et puis ils ont bien verrouillé l'ensemble pour. Mais. Toutefois.

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Bettencourtgate : le grand verrouillage

médias 100713:1739 Bettencourt * 6 min plumedepresse.net 1 commentaire mots

Sarkozy : "J'essaie de dire la vérité, en tout cas la mienne". Allo Pujadas ? - Première partie

mardi 13 juillet 2010, par Olivier Bonnet

Notre excellent confrère et homonyme François Bonnet tire pour Mediapart les leçons du traitement infligé au Bettencourtgate hier soir sur France 2 par le président de la République, devant un David Pujadas pétrifié et totalement dépassé par les événements : "Sans surprise, Nicolas Sarkozy aura répondu à tout juste quatre des treize questions clés qui se posent à propos de cette affaire tentaculaire et sans précédent qu’est le scandale Bettencourt. Nous avions listé ces questions dès lundi matin : non pas des questions polémiques mais des interrogations factuelles, précises, sur les différents volets d’une affaire où se croisent fraude ?scale, ?nancements politiques, pressions sur la justice, manipulations d’enquêtes, con?it d’intérêts et fusion du monde de l’argent et de la politique (nos treize questions sont à lire ici). Nicolas Sarkozy a pu ne pas répondre car il a su s’assurer depuis bientôt dix ans - dans les ministères puis à l’Elysée- d’un contrôle total des services de l’Etat. Le rapport du chef de l’inspection générale des ?nances aura permis de « laver de tout soupçon » Eric Wœrth. « C’est réglé, il est parfaitement innocent », a souligné le président. Avec les enquêtes préliminaires menées par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, « la vérité se fait jour après jour » . Et le président en connaît le résultat : « Les témoignages s’effondrent les uns après les autres ». Tout l’archaïsme et la dangerosité de cette hyperprésidence sont là : la quasi-privatisation des services de l’Etat (administration ?scale, police, justice... et jusqu’à l’audiovisuel public !), peut autoriser Nicolas Sarkozy à s’émanciper de toute réponse argumentée. Le puissance élyséenne se suf?t à elle-même dans le mépris de tous les contre pouvoirs et de tous les devoirs de « rendre compte » aux citoyens. Cet aveuglement démocratique, qui permet de balayer d’un revers de main trois semaines de crise politique majeure agrandit un peu plus la fracture grandissante entre des électeurs et des élites qui, hors du jour du vote, s’estiment en état d’impunité absolue. La « fabrique du populisme » était dénoncée depuis des jours par l’UMP pour tenir en laisse la presse. C’est au contraire cette stratégie du déni et du refus d’un débat démocratique pluraliste qui alimente les extrêmes et jette du charbon dans la chaudière du Front national. "

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Bettencourtgate : en attendant le grand enfumage de Sarkozy ce soir sur France 2

100712:1654 Bettencourt * 13 min plumedepresse.net mots

lundi 12 juillet 2010, par Olivier Bonnet

Retour sur la manipulation du vrai-faux rapport de l'IGF, avec Le Figaro en première ligne, et sur les mensonges avérés de cet acculé d'Eric Woerth.

On connaissait Nicolas Sarkozy est mort et Nicolas Sarkozy est gay. Et maintenant, il y a ce que vous allez découvrir plus bas. Il fallait oser ! Enfin, en tout cas Le Monte l'a fait. "Nous caricaturons juste l'hyper-président de manière vulgaire et outrancière", déclare au Post Stéphane de Rosnay, éditeur du bimestriel. Pour le numéro annonçant la bonne nouvelle le décès du chef de l'Etat, le directeur de la publication, Frédéric Lafeuille, avait été convoqué par la police pour "atteinte à la dignité de la personne". Pour celui révélant son orientation sexuelle, l'imprimeur et la société qui distribue le journal avaient reçu "la visite de policiers agissant dans le cadre d'une réquisition judiciaire visant des faits d'atteinte à la représentation de la personne", relatait le blogueur multicartes Guy Birenbaum. Mais Rosnay, nullement intimidé, persiste. Ce coup-ci, son directeur de publication Lafeuille est convoqué aujourd'hui pour être entendu par la Brigade de répression de la délinquance. A cause de la croustillante Une ci-dessous, donc.

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Faire le jeu du Fn : Woerth et l'ump en arroseurs arrosés

100712:1652 Bettencourt 8 min plumedepresse.net mots

Bettencourtgate

Ils ne manquent pas d'air !

dimanche 11 juillet 2010, par Olivier Bonnet

Mardi 6 juillet s'est tenue à l'Assemblée nationale une séance exemplaire de la stratégie d'évitement du gouvernement et de l'UMP, qui ne répondent jamais aux questions précises qui leur sont posées sur le bettencourtgate . "Interrogée par le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, sur le soupçon d'une infraction à la loi sur le financement des partis politiques, relate Le Figaro (...) Jean-Marc Ayrault s'était notamment étonné que dans cette affaire un juge « indépendant » ne soit pas à ce jour désigné pour enquêter « à charge et à décharge", la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a ridiculement - pléonasme s'agissant d'elle - affirmé "que la justice travaille de manière « totalement indépendante » et qu'« elle continuera à le faire". Alors même que, comme nous l'écrivions hier, le procureur Courroye, notoirement proche de Sarkozy et personnellement impliqué par les enregistrements clandestins, dirige seul l'enquête préliminaire et a même fait appel de la décision du tribunal de Nanterre pour empêcher sa présidente d'investiguer ! Autrement dit le parquet s'est justement opposé à laisser travailler un juge indépendant et Mam, toute honte bue, ose parler de justice indépendante ! C'est ensuite le député socialiste Christian Eckert qui demande "si les « banques concernées » avaient signalé à Tracfin (la cellule gouvernementale de lutte anti-blanchiment, ndlr) les retraits d'argent « substantiels et récurrents » effectués « pour M me Bettencourt » et évoqués par l'ex-comptable de la milliardaire". Question ô combien pertinente : rappelons que sur quatre mois, de janvier à avril 2007, pas moins de 388 000 euros ont ainsi été sortis en liquide de son compte bancaire, comme l'établissent les "carnets de caisse" publiés par Marianne. Réponse du porte-parole du gouvernement, Luc Chatel : il "accuse alors le PS d'avoir « trahi » les « valeurs » de Léon Blum". Et le liquide, et Tracfin ? Aucune réponse. Mais le pire reste à venir, avec la troisième non-réponse gouvernementale, signée du ministre du Budget François Baroin : "Est-ce que vous vous rendez compte du mal que vous faites à la démocratie que vous représentez ici ? Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes en train de tracer le sillon des extrêmes et de l'extrême droite ? (...) Alors je vous en conjure, Mesdames et Messieurs les députés socialistes, et je vous le demande au nom d'une certaine idée que nous avons en partage de la démocratie, de la République, ne faites pas le jeu de l'extrême droite !" En lieu et place d'une réponse sur l'affaire, une accusation en forme d'anathème, sur laquelle nous reviendrons plus bas.

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Affaire Bettencourt, tout un symbole

World of Business 100712:1628 Bettencourt 5 min legrandsoir.info mots

Caleb IRRI

Décidément, toute cette affaire me plaît énormément : à elle seule elle suffit à démontrer l'obsolescence de notre démocratie.

Tout d'abord, il y a le premier procès : une vieille femme immensément riche, en procès avec sa propre fille au sujet d'un homme qui aurait reçu de l'argent de sa part... la vieille est-elle sénile ou folle, voilà toute la question que se posaient il y a peu, conjointement, la presse à scandales et la justice. Comme symbole d'indécence familiale, de décadence morale au profit d'un capitalisme sans pitié, les héritiers de cette grande famille se déchirent des milliards en public, sous couvert d'une protection morale et affectueuse de la part de la plus jeune envers la plus vieille.

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Le scandale Bettencourt de fraude fiscale ébranle le gouvernement français

100712:1555 Bettencourt * 11 min wsws.org mots

Par Alex Lantier 12 juillet 2010

L'écoeurement populaire s'accroît concernant des révélations selon lesquelles, tandis qu'ils exigent d'énormes coupes sociales de la classe ouvrière, des représentants français haut placés ont reçu de l'argent de la milliardaire Liliane Bettencourt et l'ont aidée à frauder le fisc. La fortune de Bettencourt, 87 ans, s'élevant à 17 milliards d'euros, principalement en avoirs du géant des cosmétiques l'Oréal, fait d'elle la femme la plus riche de France.

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L'art de retourner la situation

médias 100711:1611 Bettencourt 2 min bakchich.info mots

Des politiques continuent de copuler avec des collectionneurs de coffres-forts offshore. Mais la honte n'est pas chez ceux qui prennent le thé et les enveloppes chez Liliane Bettencourt.

Michèle Alliot-Marie a l'ambition ridicule. On sent bien qu'elle rêve de la présidence de la République alors que, lorsqu'elle s'agite, on pense à un lapin frappant sur son tambour. Mais ses impairs sont utiles quand, à propos de la burqa, elle déclare à Libération : « La République se vit à visage découvert. » Parfaite doctrine au moment où, à Villiers-le-Bel, on condamne des prévenus - peut-être coupables - sur les affirmations d'individus sans noms ni visages, témoignant sous X, comme avec Staline ou en Ulster (à lire dans Bakchich Hebdo cette semaine). Merci à MAM, donc, de supprimer aussi ce honteux niqab judiciaire.

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