contexte de l'article

thèmes rubrique


7j tags thèmes urls rss sources charts best vus

A ne pas manquer 45 articles

Favoris





Dans notre rubrique « Ferme ta gueule !', Eric Woerth

100618:1641 4 articles retraites 6 min plumedepresse.net 1 commentaire mots

Retraites et pénibilité : "une avancée sociale absolument majeure", ose-t-il

vendredi 18 juin 2010, par Olivier Bonnet

Il n'y a donc plus aucune limite à l'arrogance de cette clique qui nous gouverne ! Voilà que le ministre de la Guerre sociale Eric Woerth commet une intolérable provocation en osant parler, à propos de la façon dont le gouvernement entend prendre en compte la pénibilité pour fixer l'âge légal du départ à la retraite d' « un droit nouveau dans le système de protection sociale et une avancée sociale absolument majeure ». De quoi s'agit-il ? "La reconnaissance d’un métier pénible ouvrira la possibilité, pour le salarié qui l’exerce, d’un départ en retraite à 60 ans - alors que le gouvernement prévoit de relever progressivement l’âge légal de départ, à 62 ans en 2018 - et à taux plein « quel que soit leur nombre de trimestres », insiste Woerth, c’est-à-dire même s’ils n’ont pas en principe suffisamment cotisé", relate Libération. Jusque-là, tout va bien. Mais comment un métier sera-t-il reconnu comme pénible ? C'est là un véritable scandale ! "Une approche individualisée, constatation médicale à l’appui. Sont concernés les salariés souffrant « d’un affaiblissement physique avéré au moment de la retraite ». (...) Le taux d’incapacité de 20% devra être « constaté par un médecin », a ajouté le ministre." Respirons un bon coup. D'abord, les salariés qui bénéficieront de cette infinie clémence de la part du patronat - aux ordres duquel l'Union pour une Minorité de Privilégiés s'est toujours placée - pourront-ils partir plus tôt à la retraite ? Sans la contre-réforme de la droite, l'âge légal du départ est pour eux, comme pour tout le monde, de 60 ans. Avec le texte que nous prépare Woerth*, il sera de... 60 ans ! Sous cet angle, l' "avancée sociale majeure" du cynique Woerth consiste simplement à leur éviter de trimer deux ans de plus comme les autres.

Mais il y a bien pire : pour avoir ce droit, il faut donc 20% d'incapacité constatée par un médecin. Ce qui revient à dire que les chanceux qui, bien qu'exposés à un métier pénible, tiennent encore debout, devront continuer jusqu'à tomber malades ! Ce qui revient à dire que ceux qui sont au contact de substances toxiques, qui ne produiront leurs dégâts que plus tard (ainsi des cancers), devront continuer de s'empoisonner à petit feu deux ans de plus ! Et quid du travail de nuit ? Le sociologue Michel Gollac, auteur de Les conditions de travail (Editions La découverte, 2007), constate dans Le Monde ses "effets à long terme sur la santé, sur la qualité du sommeil, sur l'état cardio-vasculaire, sur l'état du système digestif". La CFDT le chiffre : "Plusieurs études sur le travail de nuit montrent que l’espérance de vie peut être réduite de 8 à 10 ans", alerte-t-elle. Pourquoi ne pas faire bénéficier automatiquement tous les salariés travaillant dans ces conditions d'un raccourcissement de leur durée de travail ? Mais parce que le patronat ne le veut pas et que l'UMP fait où il lui dit de faire ! C'est injuste, c'est scandaleux, mais c'est ainsi. "Diminuer les pénibilités serait un coût pour l'entreprise sans contrepartie, et il n'existe pas de mécanisme d'incitation qui évite aux salariés et aux entreprises qui offrent de bonnes conditions de travail de payer pour les entreprises qui en donnent des mauvaises, écrit encore Michel Gollac, sauf sur quelques points précis, comme dans certains cas d'accidents et un nombre limité de maladies reconnues comme professionnelles. Mais ces cas ne représentent qu'une petite partie de la pénibilité et des risques du travail. C'est donc une question qui se pose pour les années à venir : comment inciter les entreprises à améliorer les conditions de travail ?" Woerth l'esclavagiste, qui impose aux travailleurs deux ans de souffrance supplémentaire, ne s'est évidemment pas préoccupé de ce sujet ! Copié-collé : parce que le patronat ne le veut pas et que l'UMP fait où il lui dit de faire ! C'est injuste, c'est scandaleux, mais c'est ainsi. Et la souffrance psychologique ? "Il y a des conditions de travail qui entraînent seulement une pression psychologique, mais qui peuvent entraîner un risque important de dépression, d'autres troubles psychologiques, éventuellement, dans certains cas, de suicides, et aussi de maladies psychosomatiques qui peuvent être très graves", constate Gollac. Mais cette pénibilité-là, elle non plus, ne sera pas prise en compte. Les ouvriers souffrent d'une espérance de vie plus courte de sept ans que les cadres : va-t-on leur permettre de partir en retraite sept ans plus tôt ? Voilà qui serait juste ! Mais le ministre, qui n'a que le mot "justice" dans sa bouche d'imposteur, en pervertit scandaleusement le sens. Alors franchement, lorsqu'on sait tout cela, entendre Woerth parler d' "avancée sociale absolument majeure" fait bouillir la colère. Insupportable manipulation de l'opinion, doublée d'une insulte à l'intelligence des citoyens. Et voilà qu'il en rajoute, cette pourriture, se permettant d'ironiser : « Bien sûr on pourrait faire toujours plus, et on pourrait dire que tous les métiers sont fatigants (...) et que lorsqu’on est éveillé c’est plus fatigant que quand on dort, mais à un moment donné il faut arrêter avec ce type de remarques anormales ». Forcément, lui et son train de vie dorée n'est pas concerné, que l'affaire Bettencourt dévoile comme l'homme qui encaisse les chèques des patrons et intervient en leur faveur au plus haut niveau de l'Etat ! "Une avancée sociale absolument majeure" ? Notre écho de répondre : " Ferme ta gueule ! "

Lire aussi, sur la contre-réforme des retraites : Trimer jusqu'à 67 ans !, "en quoi la réforme des retraites est une forfaiture démocratique et une agression caractérisée perpétrée par le gouvernement, main dans la main avec le Medef, contre le peuple."

*et Sarkozy-le-parjure derrière lui, qui avouait ne pas avoir reçu de mandat pour cette réforme et promettait donc de s'abstenir.

plumedepresse.net

Réagir à cet article

newsnet
100618:1645

ça soulève des questions intéressantes : pourquoi 60 ans ? parce que c'est une estimation mentale de l'âge moyen auquel on veut pouvoir (enfin) vivre à son rythme. Mais cette estimation devrait se baser sur des faits concrets. Mais quand on commence on s'expose à de lourdes lacunes, qu'il faut corriger en rajoutant des paramètres. le nombre de paramètres à rajouter est si grand que la discussion est infinie.
Mais ce qui rend stérile cette discussion est qu'elle accepte sans y penser qu'on préfère allonger la durée du travail au lieu de la répartir équitablement, par exemple.



Articles affiliés ordre chronologique

ouvrir

De quoi Eric Woerth a-t-il la tête ?

100624:1632 Bettencourt 3 min plumedepresse.net mots

Affaire Bettencourt - Woerthgate

Continuons à réclamer sa démission

mercredi 23 juin 2010, par Olivier Bonnet

Face aux accablantes révélations de Mediapart, démontrant de très lourdes présomptions de la part du pouvoir de complicité de fraude fiscale, la défense du ministre Eric Woerth peut se résumer ainsi : "C'est même pas vrai, j'ai rien fait et ma femme non plus, elle est honnête et d'ailleurs elle est salariée, et tout ça c'est que d'ignobles calomnies de la gauche qui est très méchante". Problème pour lui : son épouse - qui n'a rien à se reprocher donc - démissionne de la société gérant la fortune de Liliane Bettencourt et celle-ci reconnaît la fraude fiscale (lire notre billet d'hier). Jamais à court d'arguments intelligents, Woerth contre-attaque avec cette déclaration faite devant les caméras de LCI et reprise par Reuters : "Est-ce que j'ai une tête à couvrir la fraude fiscale ?" On se souvient que ce non-argument débile avait déjà été utilisé par Christine Lagarde, dans le scandale d'Etat que fut l'affaire Tapie : "Est-ce que vous croyez que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ?", avait-elle tenté. Concernant Woerth, ça tombe mal : l'homme qui n'a pas "une tête à couvrir la fraude fiscale" était épinglé en septembre 2009 par un article du quotidien suisse Le Matin : "Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés. « Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français », raconte un banquier français opérant dans une banque genevoise." Quant à son épouse Florence, qui prétend avoir appris la fraude de Bettencourt "par la presse", alors qu'elle était directrice des investissements de Clymène, une société de cinq personnes gérant la fortune de la milliardaire, renvoyons-la à cet autre passage de l'article : "Clymène décide de transférer 280 millions d’actifs de sa cliente sur un compte UBS (Union des banques suisses, NdA). Il (Eric Woerth, NdA) n’est bien entendu pas responsable des activités de sa femme, mais il serait étonnant que l’un et l’autre n’aient pas échangé leurs vues sur les pratiques des banques suisses." Pour conclure, s'il prétend ne pas avoir "une tête à couvrir la fraude fiscale", Eric Woerth a plus que jamais, à n'en pas douter, une tête de ministre qui doit démissionner !

ouvrir

Affaire Bettencourt : Woerth et Sarkozy mouillés jusqu'au cou, France 2 a peur

100621:1803 29 articles mafia Bettencourt * 6 min plumedepresse.net mots

République bananière

Le pouvoir complice de fraude fiscale

lundi 21 juin 2010, par Olivier Bonnet

Le vent tournerait-il en Sarkozie ? Il semble que le pouvoir a de plus en plus de mal à étouffer les affaires gênantes. Après le karachigate, où le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour empêcher les investigations de la justice, une nouvelle affaire est désormais relayée par les grands médias, concernant la milliardaire propriétaire de L'Oréal, Liliane Bettencourt. "D'après Mediapart, les enregistrements suggèreraient un lien avec l'entourage de Nicolas Sarkozy", annonce ainsi la journaliste de France 2 lors de l'émission Télé matin de samedi dernier. Que de précautions oratoires dans cette formulation ! Une prudence qui traduit la peur régnant au sein de la rédaction de France Télévisions lorsqu'il s'agit d'appeler un chat, un chat. Parce que l'article en question de Mediapart, Sarkozy, Woerth, fraude ?scale : les secrets volés de l’affaire Bettencourt, ne fait pas que "suggérer" un lien "avec l'entourage de Nicolas Sarkozy" : il implique directement le chef de l'Etat lui-même !

ouvrir

Contre-réforme des retraites : la presse se déchaîne ; Eric Woerth gravement insulté

médias 100620:1956 retraites < 1 min plumedepresse.net mots

dimanche 20 juin 2010, par Olivier Bonnet

Après qu'Eric Woerth a dévoilé le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites, aussi injuste qu'inefficace, la presse se déchaîne : '"Indigne", proteste France Soir, "Lamentable", juge Le Parisien, Le Dauphiné parle de "déroute" démocratique, les Dernières nouvelles d'Alsace d' "un pied dans la tombe" (sur le chapitre de la prise en compte de la pénibilité), la Nouvelle République titre sur "L'humiliation" des syndicats et La Montagne voit l'UMP "en dépôt de bilan". Quant à L'Equipe, après un premier titre sur "Les imposteurs" qui prétendent sauver les retraites, le quotidien sportif passe les bornes en adressant au ministre cette invective : "Va te faire enculer, sale fils de pute !" Il est du reste étrange que ce journal se mêle à présent de politique... Ah mais pardon, on me souffle dans l'oreillette que tous ces titres ne concernent pas le dossier des retraites mais l'équipe de France de football. Au temps pour nous. On se disait aussi...