C'est René Dosière, expert en la matière, qui le dit : L'élysée dépense plus que prévu
Par Jean-Michel Roustand
« Le budget de l'Élysée a progressé six fois plus que celui de l'État » : c'est la principale conclusion du nouvel audit sur les dépenses de la présidence de la République rendu public, hier, par le député PS de l'Aisne René Dosière. Selon ce dernier, le sommet de l'État a coûté 114,287 millions d'euros à la République en 2009. Ce qui, « à périmètre égal », précise le parlementaire picard, signifie une « progression réelle des dépenses de 2,5 %, soit + 2,855 millions de francs ». C'est moins que l'année précédente mais comme les dépenses de l'État ont augmenté de 0,4 %, cela demeure six fois supérieur.
Questions sans réponse
René Dosière a dressé l'évolution des principaux postes. Des efforts ont été faits sur le fonctionnement courant et le personnel, où les économies s'élèvent respectivement à 3,126 et 2,611 milliards d'euros. Mais, d'autres secteurs explosent, comme les déplacements : + 7,437 milliards d'euros. « Aucune explication n'est fournie », regrette le député socialiste, qui avoue son impuissance : « Il faudra attendre le rapport de mon collègue Jean Launay (rapporteur spécial de la commission des finances) en novembre pour y voir plus clair. » Et de pointer du doigt l'écart entre les prévisions et la réalité budgétaires : « Une nouvelle fois, les dépenses réalisées ont dépassé les montants autorisés. » Soit + 1,601 milliard d'euros.
En entrant dans le détail du budget élyséen, René Dosière trouve matière à satisfaction. « Le souci de faire rentrer des recettes hier inexistantes doit être souligné et approuvé. » Ainsi la vente des objets dérivés lors des journées portes ouvertes rapporte-t-elle 26 423 euros. Mais, la plupart du temps, il soulève plutôt des questions sans réponse : pourquoi le coût du pavillon de la Lanterne, que rembourse Matignon, passe-t-il de 200 000 euros en 2008 à 153 000 en 2009 pour tomber, selon les prévisions, à 35 000 en 2010 ? Comment, en 2009, la dotation de l'Élysée a-t-elle généré 820 058 euros d'intérêts alors que celle de 2008, « sensiblement équivalente », n'avait produit que 276 425 euros d'intérêts ?
Progression zéro
Dans la foulée de cet exercice en passe de devenir traditionnel, le député socialiste a rappelé ses deux principales propositions concernant le budget de l'Élysée. Il préconise, d'une part, d'achever la consolidation du budget de la présidence de la République en réintégrant « les dépenses qui continuent à être financées par les ministères ». D'autre part, il prône « une progression zéro du budget de l'Élysée ». Aux dernières nouvelles, il n'est pas prévu d'inclure cette disposition dans la Constitution, si elle est modifiée, pour interdire les déficits de l'État.
L'élu axonais n'étant pas avare d'idées, il suggère aussi deux pistes pour limiter les dépenses du gouvernement : diminuer de moitié le personnel des cabinets ministériels ainsi que le nombre de voitures de fonction et améliorer la connaissance du coût réel de fonctionnement des ministres et de leurs cabinets. Enfin, René Dosière souhaiterait supprimer le cumul des indemnités pour les ministres et les parlementaires ainsi qu'abaisser le plafond de cumul pour les élus locaux. Sans surprise, dire qu'il est très peu suivi sur ce terrain par ses collègues relève de l'euphémisme.
Jean-Michel Rourtand
lunion.presse.fr
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