samedi 19 décembre 2009 - 13h:46
K. Selim - Le Quotidien d’Oran
A moins d'un coup de théâtre de dernière minute, la conférence sur le réchauffement climatique de Copenhague s'achèvera sur un échec. L'énorme machine médiatique occidentale, à la recherche d'un bouc émissaire, essaie sans conviction de désigner la République Populaire de Chine comme le premier responsable de ce terrible résultat.
En l'état actuel des engagements des pays riches, responsables de l'accumulation des gaz à effet de serre (GES), la Chine refuse effectivement de faire des concessions sans contrepartie sérieuse. Mais il n'y a pas l'ombre d'un doute, et les gesticulations « africaines » de tel ou tel chef d'Etat européen n'y changeront rien, les responsables du fiasco danois sont les Occidentaux, les Etats-Unis au premier chef. Les pollueurs historiques refusent de s'engager à la hauteur des dégâts qu'ils assument et à celle des enjeux des changements climatiques.
Le blocage était perceptible dès l'ouverture de la conférence, il y a une quinzaine de jours. La présidence danoise, entre soumission complète aux Etats-Unis, déplorée par de nombreux Européens, et incompétence diplomatique criante, a grandement contribué à dégrader l'atmosphère d'une réunion qui s'annonçait pourtant sous de meilleurs auspices. La stratégie des Occidentaux a consisté à réduire le niveau de leurs engagements et à aboutir à une déclaration politique en retrait par rapport au protocole de Kyoto.
Sous la pression des multinationales, dont les hommes de pouvoir en Occident ne sont objectivement que des fondés de pouvoir, les termes d'un engagement susceptible de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température globale ont été largement atténués et le caractère juridiquement contraignant d'un accord éventuel abandonné en chemin. Cette position, absurde et dangereuse, est avant tout celle des Etats-Unis. Dans le droit fil de la méthode de son prédécesseur immédiat, le personnage shakespearien qui pilote la politique étrangère américaine a annoncé, sans autre précision, la participation de son pays au fonds climatique destiné à aider les pays du Sud. La déclaration a suscité un déferlement de louanges pâmées de la part de tous les groupies, chefs d'Etat européens et « grands » médias, sans doute pour paver la voie à la déclaration du président Obama devant la plénière.
Hélas, le président a livré une prestation sans grande envergure, les analystes de circonstance expliquant qu'il ne pouvait aller plus loin sans l'aval de son Congrès. Si on doit espérer du Congrès de ce pays qu'il relève le défi climatique, autant s'attendre au pire et s'y préparer... Mais la leçon est ailleurs, le roi se dénude encore plus vite que prévu. Voici donc un prix Nobel de la paix fraîchement émoulu qui vient en quelques jours de porter l'effort de guerre de son pays à un niveau inédit et de contribuer au sabordage d'une conférence vitale sur le climat.
Dans cette affaire danoise, les Occidentaux jouent un jeu éminemment risqué. Les stratèges des multinationales considèrent que le gros des catastrophes à venir sera concentré dans les pays du Sud et que les pays développés tireraient profit d'un certain niveau de réchauffement, qui pourrait faciliter notamment l'exploitation des ressources minières dans les pôles. A cette aune, la solidarité est une considération parfaitement secondaire. Le cynisme et l'égoïsme sont la norme des relations internationales. Mais s'agissant malgré tout du devenir commun, le réalisme sordide à l'oeuvre à Copenhague est la marque d'une terrifiante irresponsabilité.
Du même auteur :
- Ce que veut Abbas
- Face au mur
- Coup de Qom
- Un tabou brisé ?
- L'Iran et les va-t-en-guerre
info-palestine.net
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Celles et ceux qui croyaient que la Conférence de COPENHAGUE pouvait résoudre les problèmes de la planète, sont les mêmes que celles et ceux qui croyaient que notre myrmidon allait nous amener vers des lendemains qui chantent.
C'est pourtant moins cette « volonté d'impuissance » - somme toute logique - à laisser les choses en l'état et à gérer ce système marchand mortifère que nous ont donné en spectacles les pouvoirs en place, qui doit nous interroger, que le stade de déraison et d'inconscience qu'a atteint l'humanité au seuil de la catastrophe.
par Daniel Tanuro
Mondialisation.ca, Le 31 decembre 2009
Europe Solidaire - 2009-12-19
On savait que le sommet des Nations Unies à Copenhague ne déboucherait pas sur un nouveau traité international mais sur une simple déclaration d'intention - une de plus. Mais le texte adopté au terme de la rencontre est pire que tout ce qu'on pouvait imaginer : pas d'objectifs chiffrés de réduction des émissions, pas d'année de référence pour les mesurer, pas d'échéance, pas de date ! Le texte comporte une vague promesse de cent milliards de dollars par an pour l'adaptation dans les pays en développement, mais les formules utilisées et divers commentaires font craindre des prêts administrés par les grandes institutions financières plutôt que de vraies réparations payées par les responsables du gâchis.

Reflexiones del compañero Fidel
El cambio climático está causando ya considerable daño y cientos de millones de pobres están sufriendo las consecuencias.
Los centros de investigaciones más avanzados aseguran que queda muy poco tiempo para evitar una catástrofe irreversible. James Hansen, del Instituto Goddard de la NASA, asegura que un nivel de 350 partes del dióxido de carbono por millón es todavía tolerable; hoy sobrepasa sin embargo la cifra de 390 y se incrementa a ritmo de 2 partes por millón cada año, rebasando los niveles de hace 600 mil años. Las últimas dos décadas han sido, cada una de ellas, las más calurosas desde que se tienen noticias del registro. El mencionado gas aumentó 80 partes por millón en los últimos 150 años.
26 décembre par Pauline Imbach
Si les peuples du Sud, les militant-e-s et les ONG n'attendaient rien des négociations de Copenhague, sachant que le compromis final serait largement en dessous des enjeux, ils ne s'attendaient pas à une telle forme de répression, à un tel rapport de force institutionnel contre toutes celles et ceux qui avaient décidé de contester ce sommet en défendant un autre message : le système capitaliste est responsable des crises environnementales, il faut sortir de ce système pour sauver la planète. A Copenhague, tout porteur de ce message était suspect et pouvait faire l'objet de répression.
Par Hervé Kempf
La conclusion de la conférence de Copenhague mérite mieux qu'un concert de lamentations. Qu'attendait-on ? Que dans une émouvante unanimité, 120 chefs d'État signent, l'oeil humide et en se tenant la main, un texte annonçant une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre de 30 % en 2020 ? Évidemment non. Il est déjà extraordinaire que la réunion ait pu accoucher d'un texte qui a, si on le lit bien, un contenu concret. Un départ honteux et sans aucun accord était tout à fait possible.
C'est la nouveauté de cette fin d'année pour le collectif : hns-info s'essaye aux videos. La première : des images capturées ça et là à Copenhague.
Alors que l'accord signé à Copenhague est définitivement celui de la honte, les mobilisations marquent l'espoir. Nous sommes en mouvement !

24 décembre par Eric De Ruest, Renaud Duterme
Comme prévu et malgré les enjeux colossaux pour l’humanité, le sommet de Copenhague s’est révélé être un véritable fiasco. La majorité des articles de journaux vont dans ce sens, qualifiant le sommet de honte, de désastre, d’échec ou encore de catastrophe. La déception est donc grande. Mais que pouvait-on attendre réellement d’une telle rencontre, si ce n’est ce qui en est sorti, à savoir une déclaration d’intentions, sans agenda et sans accord contraignant ? Au-delà des échecs des négociations, il est également important de dénoncer la dérive autoritaire qui a accompagné ce sommet et susceptible de se reproduire lors de tels évènements.
Par Patrick Martin 24 décembre 2009
Le sommet sur le changement climatique organisé à Copenhague par les Nations unies se dirigeait tant bien que mal vers son terme vendredi soir, les représentants des principales puissances mondiales espérant sauver une courte déclaration de principes, sans un seul engagement contraignant, avant de clôturer ces deux semaines de conférence.
Le président américain Barack Obama a déclaré lors d'une conférence de presse à minuit que des « avancées significatives et inédites » avaient été accomplies dans les dernières minutes des discussions entre les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, mais a annoncé qu'il devait partir avant qu'un accord final n'intervienne en raison d'une tempête de neige sur Washington DC.
Après plus de quinze jours de négociations le sommet des Nations Unies sur les changements climatiques va se clore dans la plus grande confusion alors que les dirigeants des pays riches ont repris l'avion laissant les représentants des pays du sud faire un dernier baroud d'honneur cette nuit en séance.
Texte négocié à seulement 28 pays, non contraignant, c'est à dire sans obligation juridique, déclaration d'intention visant à limiter à 2°C le réchauffement climatique sans aucune mesure permettant d'y arriver ni même échéancier, vague montant chiffré pour aider les pays du sud à surmonter le péril climatique... voilà les termes de l'accord de la honte négocié par les pays riches sur le dos du reste de la planète. Par une pirouette, très onusienne, le texte "consensuel" sans consensus, c'est hillarant mais c'est comme ça, vient d'être adopté par l'Assemblée, avec en annexe une liste des pays en désaccord !

Copenhague, c'était du vent pour rafraîchir la planète. Des discours, mais pas de traité signé. Les pays pauvres doivent désormais utiliser tous les moyens que leur donne le seul texte applicable, le protocole de Kyoto, et ne pas se laisser bercer par de nouvelles promesses. Copenhague ne doit pas jouer comme le marchand de sable.
Il y a un moyen simple d'apprécier la portée de Copenhague, à savoir s'interroger sur la nature de l'accord final : est-ce un traité ou non ?